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Message du président Bouteflika à la réunion de haut niveau sur le commerce et le développement pour la prospérité de l'Afrique

 

[Aps 21/4/08]  ACCRA - Le président de la République M. Abdelaziz Bouteflika a transmis lundi un message à la réunion de haut niveau sur le thème "Le commerce et le développement pour la prospérité de l'Afrique : action et orientation", en marge de la 12ème session de la Cnuced et lu en son nom par M. Ahmed Ouyahia, ancien chef du gouvernement, représentant personnel du chef de l'Etat.


En voici le texte intégral après l'allocution introductive de M. Ouyahia:

"Monsieur le président de la République du Ghana,

Excellence, Madame et Messieurs les chefs d'Etat et de gouvernement,

Monsieur le secrétaire général des Nations unies,

Monsieur le secrétaire général de la CNUCED,

Excellence, Mesdames, Messieurs,

Le président Abdelaziz Bouteflika regrette de ne pouvoir être personnellement parmi vous à cette rencontre de haut niveau consacrée au thème du commerce et du développement pour la prospérité de l'Afrique. Aux salutations qu'il vous adresse, il joint ses meilleurs v£ux de succès à ces travaux, et m'a fait l'honneur de vous faire part de son message qui se lit comme suit :

Monsieur le Président,

La progression de la mondialisation s'accompagne de la prédominance des échanges de biens à forte intensité technologique au détriment des exportations de biens primaires. Dans ce nouveau contexte économique, certains pays du Sud acquièrent un poids de plus en plus important dans les relations économiques internationales, multipliant ainsi les pôles de développement et diversifiant par là les sources de la croissance mondiale.

Pour sa part, l'Afrique a enregistré, ces cinq dernières années, ses meilleures performances économiques depuis des décennies, avec des projections de croissance favorables sur le court terme. Cependant, ces perspectives qui méritent d'être consolidées restent encore fragiles et appellent à une évaluation plus circonspecte à maints égards.

C'est que la croissance en Afrique révèle des disparités entre les sous régions du continent, entre pays exportateurs et pays importateurs de pétrole, ou encore entre pays côtiers et pays enclavés. De plus, elle demeure tributaire des conditions climatiques et de la demande mondiale des matières premières.

Enfin, les taux de croissance des pays africains restent encore, dans la grande majorité des cas, inférieurs aux niveaux requis pour la concrétisation des objectifs arrêtés par le sommet mondial du millénaire pour le développement.

Certes, cette situation découle, pour une part, de retards endogènes que l'Afrique doit encore résorber, y compris en matière d'infrastructures de développement, mais elle est aussi le résultat de facteurs liés à l'environnement extérieur au continent, comme le confirment plusieurs facteurs, dont il est utile de citer ici quelques uns.

Monsieur le Président,

Excellence, Mesdames et Messieurs,

En premier lieu, alors que l'Afrique accroît son degré d'ouverture au commerce international et que les échanges mondiaux de biens et de services ont doublé de volume en dix ans, sa part dans les échanges mondiaux demeure marginale au regard de sa taille et de ses richesses, et plus préoccupant encore, cette part de l'Afrique a été divisée par deux en vingt cinq ans.

En second lieu, si l'Afrique enregistre une diversification de plus en plus large de ses importations, ses exportations restent, par contre, concentrées sur les matières premières dont 60 % de combustibles. De tels flux commerciaux asymétriques entretiennent la fragilité des économies africaines, rendant plus ardues les perspectives de leur insertion dans l'économie internationale, surtout lorsque l'on sait le caractère aléatoire de la demande mondiale en matières premières.

En troisième lieu, la mondialisation s'avère sélective pour l'Afrique, car elle privilégie la circulation des marchandises et accorde moins d'intérêt à la circulation des technologies ainsi qu'à celle des personnes, ce qui ne contribue guère à lever les obstacles au développement du continent africain.

En quatrième lieu, les flux d'investissements directs étrangers à destination du continent ne dépassent toujours pas 4% du total des IDE dans le monde. De plus les IDE en Afrique se concentrent, pour l'essentiel, dans les industries d'extraction de ressources primaires, privant ainsi trop souvent, les économies des continents des transferts de technologie.

En cinquième lieu, les restrictions à la mobilité des personnes et du travail au niveau des pays industrialisés forcent les pays africains à développer leurs ressources humaines et leurs compétences par leurs propres moyens. Cela prive le continent des avantages découlant d'une mobilité régulée de la force de travail. L'Afrique se trouve ainsi en marge de l'évolution des technologies et des savoir-faire qui façonnent aujourd'hui l'économie mondiale et sans lesquels, il ne peut y avoir de croissance ni de développement durables.

En sixième lieu enfin, si l'aide publique au développement, source primordiale du financement de la croissance en Afrique, a connu une évolution appréciable en volume, une partie substantielle en a cependant été réservée à l'allégement de la dette des pays bénéficiaires. De plus, cette aide reste marquée par l'instabilité et le manque de prévisibilité, rendant difficile la concrétisation des programmes de développement des pays africains concernés.

Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le retard qu'accuse encore la grande majorité des pays africains dans le domaine du développement est une réalité préoccupante dont la communauté internationale est bien consciente comme le confirment ses multiples initiatives à ce sujet.

Dans le même temps, l'Afrique enregistre, fort heureusement aujourd'hui, la régression du nombre des conflits qui l'ont secoué, et qui ont trop souvent trouvé leurs origines, d'abord, dans la pauvreté.

Il est un présage heureux que le débat qui nous réunit aujourd'hui se tienne au lendemain d'une réunion spéciale que le Conseil de sécurité des

Nations unies vient de consacrer à la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique, en appui aux efforts que déploie l'Union africaine dans ce domaine.

En effet, l'Afrique veut désormais se présenter devant le reste de la communauté internationale en véritable acteur au service de la paix mais aussi du développement pour ses peuples.

C'est d'ailleurs là le sens du NEPAD, initiative novatrice par laquelle, l'Afrique entend prendre en charge la promotion de la bonne gouvernance mais aussi proposer au reste du monde, des schémas de développement et d'intégration continentales pour lesquels la solidarité et la coopération internationales sont sollicités, dans le cadre d'un véritable partenariat destiné à permettre aux peuples africains de vaincre la pauvreté, et en définitive, l'instabilité et les conflits que génère le sous-développement.

Nous nous félicitions de ce débat sur "le commerce et le développement pour la prospérité de l'Afrique" qui associe de hauts dirigeants venus de divers continents, tout comme de la tenue de la 12ème Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement à Accra, au Ghana, ce pays frère qui demeure une référence historique sur la voie de l'unité et de l'intégration africaines, et qui constitue, aujourd'hui, un exemple éloquent de la volonté des pays africains de relever les défis du développement, de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Nous espérons que ce sera la l'occasion pour les pays industrialisés d'amorcer, le concert avec les pays du Sud, une approche rénovée pour l'établissement d'un système commercial multilatéral plus ouvert sur les préoccupations du développement, notamment de l'Afrique.

Cela est possible pour autant que soient approfondies et concrétisées des initiatives déjà entamées dans le cadre de la solidarité internationale. A ce titre, je voudrais partager avec vous quelques pistes de travail.

Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Premièrement, face aux barrières tarifaires ainsi qu'à la résurgence du protectionnisme qui réduisent l'accès des produits africains au marchés internationaux, une généralisation du traitement spécial différencié à l'ensemble des pays de notre continent contribuerait sans aucun doute à leur insertion, dans de meilleures conditions, dans le système économique mondial.

Deuxièmement, pour donner un contenu réel à l'intégration du Sud dans le système multilatéral de commence il y a lieu de ne pas astreindre les pays en développement, candidats à l'adhésion à l'OMC, à plus d'obligations que celles contractées par d'autres pays en développement déjà membres de cette organisation, afin que les engagements qu'il auront ainsi à souscrire ne soient pas handicapants pour leur développement économique et social.

Troisièmement, la restructuration des institutions financières internationales qui est en gestation, doit intégrer pleinement la dimension du développement des pays du Sud, singulièrement des pays africains. Pour cela, les pays du Sud doivent être partie prenante à cette restructuration dont nous attendons notamment, une adaptation des procédures décisionnelles en vue d'une gestion plus efficace et plus solidaire de l'économie mondiale.

Quatrièmement enfin, dans le cadre de la réforme des institutions internationales de développement dont la nécessité est désormais avérée pour tous, nous appelons au renforcement de leurs capacités à conjuguer les efforts et les moyens en vue de concrétiser les engagements de la communauté internationale envers le continent africains, dans le cadre de la solidarité internationale pour des partenariats mutuellement bénéfiques.

Monsieur le Président,

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de votre attention."

Le CNES signe une convention de coopération avec le CNEL italien

ALGER - Le Conseil national économique et social (CNES) a signé lundi à Alger une convention de coopération avec le Conseil national italien de l'économie et du travail (CNEL) visant la mise en place d'un cadre de coopération dans différents secteurs entre les deux conseils.

En vertu de cette convention, les deux parties s'engagent à "encourager" l'échange d'experts pour l'exercice de différentes activités, notamment de formation, la réalisation de conférences, de colloques, de séminaires, de congrès, la constitution de groupes de travail mixtes...etc.

Le CNES et le CNEL ont convenu, aux termes de cet accord, de "favoriser" l'échange d'information, de publications et de banques de données et de mette en place une plate forme opérationnelle pour promouvoir la dialogue social entre les sociétés civiles organisées des deux pays.

Les deux conseils se sont également engagés à "promouvoir et renforcer" les bases du dialogue social et civil euroméditerranéen et à "faire avancer"les débats sur des questions d'intérêt régional.

Dans une allocution prononcée lors de la cérémonie de signature de la convention, le président du CNES, M. Mohamed Esseghir Babès, a affirmé que l'accord intervient pour exprimer la volonté des deux conseils de renforcer les relations en cours au plan économique et social et de consolider les instruments démocratiques d'écoute de la société.

Le président du CNES a souligné, en outre, que la convention intervient pour accompagner les efforts déployés par les deux gouvernements et les pouvoirs

publics des deux pays pour la consécration du "traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération" signé en 2003 entre l'Algérie et l'Italie.

La convention intervient aussi dans le cadre des efforts déployés par les deux pays pour promouvoir et consolider les relations bilatérales et, ainsi, "conforter et élargir l'espace commun euroméditerranéen de dialogue, de solidarité et de partage", a-t-il ajouté.

De son côté, le président du CNEL, M. Antonio Marzano, a indiqué que la collaboration entre les deux conseils "s'ouvre à différents secteurs", exprimant la disponibilité de l'Italie à "mettre à disposition de l'Algérie sa propre expérience".

M. Marzano a affirmé, dans ce contexte, que l'Italie jouit d'une très grande expérience dans le secteur du tourisme qu'elle pourra mettre à la disposition de l'Algérie dans la mesure où, a-t-il estimé, "ce secteur connaîtra un développement certain à l'avenir".

[Aps   21/4/08]

 

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