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MESSAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE MONSIEUR ABDELAZIZ BOUTEFLIKA A L'OCCASION DU 10ème SOMMET DU FORUM DES CHEFS D'ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT DU MÉCANISME AFRICAIN D'ÉVALUATION PAR LES PAIRS (MAEP) (Addis-Abeba, 31 janvier 2009) Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement, Mesdames et Messieurs les membres du Panel des Eminentes Personnalités du Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs, Mesdames et Messieurs, La présentation du rapport de l'Algérie sur l'état de mise en œuvre de son programme d'action en matière de gouvernance, nous offre l'opportunité de dresser un état des lieux des performances et des insuffisances concernant les différents volets de la gouvernance dans mon pays, depuis le Sommet du Forum à, Accra. Il convient, cependant, de préciser au préalable que le rapport, qui vous est soumis, doit être situé dans son contexte, comme la résultante des efforts déployés par l'ensemble des parties prenantes au développement socioéconomique. Ceux-ci ont accompagné la mise en place des réformes institutionnelles, économiques et sociales, et la mise en oeuvre d'un ensemble de quatre programmes nationaux et régionaux de développement sur la période allant de 1999 à 2009, qui ont mobilisé un montant de plus de 200 milliards de dollars de dépenses publiques. La démarche développée dans l'élaboration du rapport se fonde, en outre, sur le choix de l'Algérie de mettre en oeuvre une politique de développement et de gouvernance s'apparentant largement à la logique et à la finalité des principes même du Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs. Cela se confirme à travers la synergie qui se dégage entre le programme du gouvernement et le programme d'action de l'Algérie sur la gouvernance. Enfin, la gouvernance telle que promue par le Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs coïncide, dans sa philosophie et sa portée, avec l'objet même des vastes chantiers de réformes de l'Etat et de la société, que mon pays a engagés depuis plusieurs années. Monsieur le Président, Sur la base des appréciations, critiques et recommandations du Panel et du Forum, le rapport qui vous est présenté met en évidence la priorité réservée au parachèvement de la réconciliation nationale, pour le renforcement de la stabilité nationale au service de la consolidation économique et sociale du pays. Le consensus national sur cette œuvre a permis de relever plusieurs défis, dont la réconciliation des Algériens avec eux-mêmes et la prise en charge des séquelles de la tragédie nationale. Les progrès enregistrés, dans ce sens et qui sont clairement reflétés à travers le taux élevé des dossiers déjà définitivement traités, nourrissent la détermination des pouvoirs publics à maintenir résolument son effort de promotion et de parachèvement de la réconciliation nationale. Le souci de mobiliser l'ensemble de la communauté nationale autour du défi du développement, sans exclusion ni marginalisation, nous a également conduit à opérer un traitement drastique des situations de précarité et d'exclusion en matière de logement et d'emploi. L'Algérie a engagé les moyens et les actions destinés à relever ce défi. Elle compte les poursuivre résolument, tout en veillant à leur renforcement. Un autre défi auquel le Forum accorde une importance particulière et que mon pays a la ferme volonté de relever, réside dans la consolidation de l'Etat de droit, sans lequel toute pratique de bonne gouvernance serait aléatoire et illusoire. Monsieur le Président, Depuis l'adoption de son rapport d'évaluation, l'Algérie, a eu à organiser, dans les échéances fixées, des élections législatives ainsi que celles des assemblées locales. Le bilan de ces élections autorise une évaluation objectivement positive au regard des conditions de leur organisation et de leur déroulement, comme du point de vue des garanties qu'elles consacrent en matière de transparence, de régularité et de libre choix des électeurs. Ces scrutins se sont déroulés dans le strict respect des droits que la loi algérienne accorde aux candidats, dont celui de disposer d'un procès-verbal de dépouillement des bulletins au niveau de chaque bureau de vote, et que cet honorable forum a déjà eu à qualifier de pratique de bonne gouvernance. A la veille de l'échéance de l'élection présidentielle, en avril prochain, je voudrais déclarer que toutes les conditions garantissant le libre choix des électeurs, une saine compétition et une véritable transparence, seront mises en œuvre durant cette consultation importante. De même, je voudrais annoncer que l'Algérie a déjà fait appel à des observateurs internationaux, dont ceux de l'Union africaine, pour suivre le déroulement de ce scrutin. Ces acquis démocratiques que j'ai relevé confortent les progrès enregistrés en ce qui concerne la promotion des droits de l'Homme et des libertés publiques, l'indépendance de la justice, la participation de la société civile, ainsi que la promotion et la protection des droits des personnes vulnérables. La réforme de la justice enregistre sans cesse des progrès dont les plus récents consistent en des aménagements législatifs qui concourent notamment, à une prise en charge plus efficiente des droits du justiciable, à un plus grand rapprochement de la justice des préoccupations du citoyen, et à un meilleur accès à celle-ci, notamment pour les personnes démunies ou vulnérables. Je ne puis omettre d'évoquer la question de la peine capitale en rappelant le moratoire de fait que l'exécution de celle-ci connaît en Algérie, depuis 1993, ainsi que l'abrogation de cette peine pour ce qui concerne les infractions aux biens. La démocratie participative, qui s'appuie sur près de 80.000 associations nationales et locales agréées, a connu des avancées indéniables. Elle est appelée à se renforcer à travers la révision dans le cours de cette année, des lois relatives aux collectivités locales que sont la commune et la wilaya, ainsi que de la loi sur les associations. Les efforts déployés pour la consolidation de l'Etat de droit se conjuguent avec une volonté consensuelle nationale de combattre les maux sociaux qui contrarient encore le développement socioéconomique, et, particulièrement, la corruption. Un effort particulier est consenti pour une amélioration de la formation du corps de la magistrature afin qu'il accomplisse pleinement son rôle dans tous les domaines, y compris la lutte contre la corruption et sa prévention. Dans le cadre de la nouvelle législation relative à la lutte contre la corruption, adoptée en Février 2006, plus de 1.000 affaires ont déjà été enrôlées auprès des tribunaux, dont près de 900 ont été jugées. Bien plus, nous enregistrons une participation de plus en plus grande des citoyens dans la lutte contre ce phénomène. Il n'est pas rare, que des cas de corruption aient été dévoilés puis sanctionnés par la justice, à l'initiative même des victimes, souvent relayées par les médias nationaux. Cependant, nous sommes conscients que l'éradication du fléau de la corruption requiert encore davantage d'efforts, de mobilisation et de moyens. L'Etat est déterminé à réunir toutes les conditions pour y parvenir et il compte relever ce défi avec le concours de tous les acteurs de la société. Monsieur le Président, Le développement socioéconomique de l'Algérie a pour finalité la sauvegarde des acquis sociaux, la réduction des disparités régionales, l'éradication de la pauvreté, l'efficience des systèmes éducatif et de santé, ainsi que l'accès à un emploi et à un logement décent. Cet effort est mené avec la volonté de fédérer les apports de tous les acteurs, comme en témoigne la conclusion d'un Pacte national économique et social, associant le gouvernement, le patronat et le syndicat. Des approches similaires sont déployées en direction de la société civile et des médias. Cette démarche qui intègre, également, les questions sensibles de la prise en charge des catégories majoritaires de la population, à savoir les jeunes et les femmes, ainsi que la préservation de l'environnement est, en fait, le fil conducteur de la stratégie de l'Algérie pour la concrétisation de ses engagements pris devant vous, dans la cadre du programme d'action 2007-2009. Et de fait, l'Algérie a réuni les moyens pour mener à terme les objectifs de développement économique et social qu'elle s'est assignée. Elle se place, déjà, en bonne position pour la concrétisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ainsi, en matière de logement, un programme de réalisation de près de 1,5 million d'unités a été tracé, depuis 2004. A la fin de l'année dernière, près de 850.000 logements ont déjà été livrés alors que plus de 500.000 autres sont déjà en chantier. Dans le domaine de l'emploi, la stratégie lancée par le gouvernement depuis une décennie a été intensive, se fondant, à la fois, sur l'investissement et les chantiers de développement, sur des soutiens à l'insertion des sans emplois, ainsi que sur des programmes d'emplois d'attente encouragés par les institutions internationales du développement. Ce faisant, le taux de chômage a été ramené de 29,3% en 1999 à 11,8% en 2007 et, les prévisions nationales situent déjà ce taux à moins de 10%, à l'horizon 2010. Qu'il me soit permis, également, de signaler d'autres indicateurs révélateurs des avancées accomplies par l'Algérie, au titre du développement humain. Ainsi, l'espérance de vie à la naissance, est passée de 72 ans en 1999, à 75,7 ans en 2007. Le taux de scolarisation a atteint 96,5% contre 90,6% en 2000. Le taux de raccordement aux réseaux d'électricité est passée de 85% en 1998 à 98% en 2008. Celui du raccordement au réseau d'eau potable s'est accru de 78% en 1998 à 93% en 2007. Dans le domaine du genre, la parité hommes/femmes continue d'être favorable à celle-ci dans des secteurs entiers de l'activité nationale, tels que l'éducation et la santé, avec une percée significative dans d'autres secteurs comme la magistrature. En outre, la récente révision de la Constitution a, notamment, disposé le renforcement des droits politiques des femmes, à travers l'augmentation de leurs chances d'accès à la représentation dans les assemblées élues. De même, et outre les avancées introduites dans le Code de la famille dont la jouissance de la nationalité algérienne pour tout enfant né en Algérie, de père Algérien ou de mère Algérienne, j'ai le plaisir de vous annoncer la levée par mon pays de ses réserves sur la Convention des Nations-Unies relative à l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Dans le même esprit, l'Etat poursuivra son engagement pour l'élimination de toutes les formes de comportements attentatoires à la dignité et à l'intégrité de la femme. Monsieur le Président, Au plan économique, l'Algérie présente un cadre macro économique positif. L'inflation a été maîtrisée à près de 4% en 2008, malgré une forte inflation importée dont les effets n'ont pas été subis par la population, grâce à une importante intervention du budget public sur les prix des céréales et du lait, à hauteur de près de 2 milliards de dollars. Les comptes publics sont positifs tant au niveau du solde global du Trésor qu'à travers l'épargne publique. Le Trésor dispose, aujourd'hui, d'une épargne équivalente à 60 milliards de dollars. La dette extérieure a, quant à elle, été ramenée de près de 30 milliards de dollars en 1999 à moins de 5 milliards de dollars actuellement. La croissance économique est appréciable et se libère de la domination du secteur des hydrocarbures. Hors hydrocarbures, le taux de croissance a été supérieur à 6% ces deux dernières années. Mais, dans le même temps, nous sommes conscients de la nécessité de poursuivre la réforme de la gestion de la dépense publique, de poursuivre les réformes économiques pour renforcer la productivité et la compétitivité de l'économie nationale, et de maintenir, enfin, un effort soutenu de l'Etat comme levier au développement et à la croissance. En fait, le retour de l'engagement économique des Etats, constaté aujourd'hui, dans le monde développé, face à la crise, reflète la démarche que l'Algérie a menée tout au long de cette décennie pour soutenir son développement. Nous sommes d'ailleurs encouragés sur cette voie par les conclusions de la dernière revue du FMI dans notre pays, au titre d'Etat membre, conclusions rendues publiques il y quelques jours seulement. Le futur programme quinquennal de développement appelé à relayer, dès l'année prochaine, les efforts investis depuis 1999, aura pour vocation de rentabiliser encore davantage les progrès accomplis, en terme de valorisation de la ressource humaine, de modernisation de l'économie et de réalisations d'infrastructures porteuses d'une véritable dynamique de développement. Telles sont, Monsieur le Président, Excellence, Mesdames, Messieurs, les observations préliminaires que je tenais à partager avec vous, espérant qu'elles vous auront donné un éclairage utile. Je reste à votre disposition pour répondre aux observations que vous voudriez bien faire à ce sujet. Je vous remercie de votre aimable attention
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