الجمهـوريـة الجزائريـة الديمقـراطيـة الشعبيـة

République Algérienne Démocratique et Populaire

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MESSAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

MONSIEUR ABDELAZIZ BOUTEFLIKA A L'OCCASION DE LA 12ème SESSION ORDINAIRE DU SOMMET DE L'UNION AFRICAINE

 (Addis-Abeba, 2 février 2009)

Madame et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Président de la Commission de l'Union africaine,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, tout d'abord, m'adresser à mon frère et ami le Premier Ministre Meles Zenawi, pour lui dire tout le plaisir que nous ressentons de nous retrouver dans cette belle ville d'Addis-Abeba dont le dynamisme illustre parfaitement les efforts extraordinaires que la République Fédérale Démocratique d'Ethiopie consent pour son développement. Il me plaît, ensuite, d'exprimer au gouvernement et au peuple éthiopiens, nos sentiments de profonde gratitude pour l'accueil chaleureux et l'hospitalité fraternelle qu'ils nous renouvellent à l'occasion de nos présentes assises dans cette capitale chargée d'histoire et de symboles pour l'ensemble des peuples africains. 

Je voudrais, également, saisir cette occasion pour rendre un hommage appuyé à Son Excellence le Président Abdoulaye Wade, pour la qualité de l'exposé qu'il vient de nous faire sur le thème de notre rencontre: "Développement des infrastructures en Afrique, avec un accent particulier sur le transport, l'énergie et l'investissement". 

Enfin, mes félicitations vont à Monsieur Jean Ping, Président de la Commission de l'Union africaine et, à travers sa personne, à l'ensemble des fonctionnaires de la Commission, pour la qualité de la documentation mise à notre disposition et le travail accompli pour faciliter nos débats. 

Monsieur le Président, 

Il convient de souligner, d'emblée, que le thème des infrastructures revêt une importance majeure pour le développement socio-économique de notre continent. En le consacrant thème central de la présente conférence, l'Union africaine renouvelle, ainsi, et fort opportunément, l'intérêt prioritaire qu'elle accorde à la dimension des infrastructures, plus particulièrement, dans les secteurs vitaux que sont le transport et l'énergie. Point n'est besoin de rappeler le rôle central de ces secteurs en tant que facteurs fondamentaux pour l'activité et la croissance économiques, le commerce et l'investissement, l'interconnexion et l'intégration de l'Afrique et, par destination, l'amélioration des conditions de vie des populations africaines. 

De même, il n'est pas besoin de souligner l'importance qui doit être attachée à la mobilisation des financements et investissements inhérents non seulement à la réalisation des infrastructures dont l'Afrique a un besoin vital mais, également, à l'entretien de celles déjà existantes ainsi qu'au renforcement des capacités techniques du continent. 

Des signes encourageants, qui témoignent d'une volonté de prise en charge effective des défis posés par la problématique des infrastructures en Afrique, existent d'abord dans les politiques mises en oeuvre sur le continent au double niveau national et régional. Ils se dégagent également de l'attention que nous décelons auprès de nos partenaires au développement et qui tend à reconnaître à cette question, l'importance qui lui revient dans toute stratégie de redressement durable de notre continent. 

Monsieur le Président, 

Consciente de l'importance stratégique des infrastructures, l'Algérie a engagé, dans ce domaine, de vastes chantiers pour asseoir son projet de développement socioéconomique et favoriser la dynamique d'intégration dans son environnement géographique. 

A cet égard, la dernière décennie a été riche en projets à tous les niveaux, et dans tous les secteurs. L'autoroute Est-Ouest, longue de 1200 kilomètres, et qui a nécessité un financement à hauteur de près de 12 milliards de dollars US, sera livrée à l'exploitation au cours de cette année. Elle constituera un axe de communication majeur pour le développement des activités commerciales et économiques, en général. Sa connexion avec les réseaux des pays voisins permettra son extension régionale et ouvrira de nouvelles perspectives pour le développement de l'ensemble de la région du Maghreb.

Durant cette même période, le nombre d'aéroports du pays est passé à 36, dont 12 internationaux. Ces infrastructures aéroportuaires ont vu leurs installations techniques mises en conformité avec les règles de la navigation aérienne mondiale. 

Dans ce cadre, un effort particulier a été consenti pour désenclaver les villes du Sud et du grand Sud afin de rapprocher les citoyens de ces régions, des pôles industriels du pays, et les faire participer à l'activité économique nationale. Le même effort est orienté vers la satisfaction du principe de l'accès égal des citoyens aux fruits du développement comme en témoigne le lancement du méga-projet de transfert d'eau, à travers le Sahara, entre les villes de Hassi R'mel et de Tamanrasset. 

Sur un autre plan, les lignes de chemins de fer existantes ont connu des travaux de modernisation, de rénovation ou d'extension, et de nouvelles lignes sont en cours de construction pour densifier davantage le réseau national de transport et faciliter l'activité économique. 

Les efforts consentis, par mon pays, pour le renforcement et l'amélioration de son système de transports, ont absorbé des moyens financiers considérables, dont les effets bénéfiques à long terme devraient nécessairement favoriser un décollage économique vertueux et durable. 

Monsieur le Président, 

Convaincue que son propre développement ne pourrait être véritablement atteint sans un effet d'entraînement dans les pays voisins, en particulier du sud, l'Algérie a lancé, dès les premières années de son indépendance, le grand projet de construction de la route trans-saharienne. Ce levier d'intégration, qui part du nord du continent, traverse le Sahara pour donner naissance à deux branches en direction du Mali et du Niger, reliera Alger à Abuja. 

Le tronçon qui traverse le Niger est destiné à aboutir à N'djamena, pour favoriser le resserrement des liens de communication et de coopération dans une des plus vastes parties du continent africain. 

Ce grand projet, terminé en Algérie et en cours d'achèvement dans les autres pays concernés par son tracé, ouvrira, bientôt, des perspectives économiques et commerciales prometteuses pour l'ensemble de ses riverains, et plus particulièrement, pour les pays enclavés qui pourront l'utiliser pour accroître nos échanges et échapper à l'isolement que la géographie leur a imposé et favoriser, ainsi, l'intégration régionale et continentale, qui constitue l'un des principaux objectifs de l'Union Africaine et l'un des axes prioritaires du NEPAD. 

Le projet de gazoduc transsaharien devant relier le Nigeria à l'Algérie participe, assurément, de cette logique et de cette vocation, en ouvrant aux pays de transit, et à la région, en général, des perspectives prometteuses non seulement en matière de renforcement de l'intégration, de développement des activités économiques et d'attrait des investissements, mais, également, en termes d'amélioration des conditions de vie des populations et de protection de l'environnement. 

Par ailleurs, la pose de câbles de fibre optique le long de son tracé, tout en réduisant la fracture numérique, inaugurera une nouvelle ère pour la mise à la disposition de tous des technologies modernes de l'information et de la communication. 

Monsieur le Président, 

La prise de conscience de nos pays de l'importance à accorder aux infrastructures et les efforts consentis aux niveaux national et régional n'ont pas permis encore de relever le défi qui se pose à l'Afrique dans ce domaine, tant il est vrai que notre continent n'a pas pu combler le déficit existant en matière d'infrastructures de transports et d'énergie et hypothéquant sérieusement les chances de son développement, ni réussi à mobiliser les financements nécessaires pour rattraper le retard accumulé. 

Le même constat vaut pour l'énergie en tant que facteur au rôle déterminant dans le développement de l'Afrique. En dépit des multiples sources d'énergie qu'elle recèle, y compris le potentiel hydroélectrique, l'Afrique est le continent qui exploite le moins cette ressource pour son développement. 

En raison des difficultés liées au manque d'infrastructures, la consommation de l'énergie en Afrique est limitée et s'accompagne d'un déboisement massif, qui n'est pas sans engendrer des problèmes d'ordre écologiques et environnementaux préoccupants.

Parce qu'elle ne saurait s'accommoder d'une telle situation préjudiciable, l'Afrique est plus que jamais interpellée pour redoubler d'efforts afin de mettre en oeuvre toutes les stratégies qu'elle s'est fixées pour la promotion des infrastructures et explorer davantage les opportunités que recèle en la matière notre relation avec les partenaires du développement. 

Les plans d'action sectoriels consolidés, recommandés par la première Conférence des ministres de l'Union africaine en charge des transports, que l'Algérie a abritée au mois d'avril dernier et adoptés lors de notre dernière rencontre à Sharm El Sheikh, en juillet 2008, constituent une bonne base de travail et indiquent la voie idoine pour la réalisation de nos objectifs. 

A cet égard, il est impératif pour nous d'inscrire dans les priorités nationales, les différents projets et programmes régionaux et continentaux d'interconnexion des réseaux de communication. De même, la mise en place d'un cadre institutionnel approprié pour le développement des grands projets intégrateurs est nécessaire. 

Les projets inscrits dans le cadre du Plan d'action à court terme du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), sur les infrastructures, méritent une attention particulière que met davantage en évidence le Plan d'action à moyen et long termes, à l'élaboration duquel la Banque Africaine de Développement est mise à contribution. 

Dans la même logique, le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) offre des perspectives particulièrement prometteuses qui requièrent toute l'attention et tout l'engagement des pays africains. Ceci, d'autant plus que le programme est une parfaite illustration de l'oeuvre indispensable de fusion du Plan stratégique de la Commission de l'Union africaine et du projet de Plan à moyen et long termes du NEPAD. 

En donnant davantage de cohérence et d'efficience aux plans de développement continentaux et régionaux en matière d'infrastructures, cette tâche d'harmonisation des plans et programmes, qui devra impliquer également ceux des communautés économiques régionales, donnera davantage de visibilité aux priorités à retenir et aux efforts à accomplir pour la mobilisation des financements. La même entreprise servira nécessairement d'indicateur utile à l'ensemble de nos partenaires pour qu'ils identifient les projets de financement et d'investissement. 

Nos partenaires traditionnels avec lesquels nous avons engagé un dialogue depuis de nombreuses années sur la question des infrastructures et qui se sont engagés à nous accompagner dans nos efforts de développement de ce secteur sont en mesure d'apporter une contribution de taille à notre continent, surtout du fait d'une crise financière internationale dont les effets se feront ressentir plus durement encore en Afrique. 

A ce titre, je voudrais saluer l'initiative de mon frère et ami, le Président Abdoulaye Wade, dont le pays a organisé avec succès, en janvier 2008, à Saly Portudal, une table ronde sur le financement des infrastructures en Afrique. Cette initiative a ouvert la voie à une coopération accrue et fructueuse avec nos partenaires dans ce domaine. 

Dans le domaine spécifique de l'énergie, de nombreux secteurs de coopération entre les pays d'Afrique sont à explorer et identifier pour améliorer la distribution de l'énergie et satisfaire les besoins fondamentaux des populations. 

Le lancement des activités de la Commission Africaine de l'Energie (AFREC), au cours des travaux de la Conférence des Ministres de l'Union africaine en charge de l'énergie, à Alger, en février 2008, est la preuve de la ferme volonté des Etats membres de se doter d'un instrument moderne et pratique pour développer ce secteur névralgique. 

A cet égard, la Commission Africaine de l'Energie est appelée à jouer un rôle important dans l'établissement et le renforcement de la coopération régionale et continentale dans le domaine de l'énergie, particulièrement par l'identification de projets communs à mettre en oeuvre pour dynamiser ce secteur, notamment par la réalisation de grands projets hydroélectriques, à l'échelle régionale et au niveau continental. 

Monsieur le Président, 

Pour réaliser nos objectifs communs et lever les barrières physiques qui entravent encore le développement de notre continent et son intégration, il est indispensable, pour nous, de promouvoir des instruments de financement novateurs pour accélérer la construction des infrastructures de transports et d'énergie. 

Dans ce cadre, le soutien de la Banque Mondiale, de l'Union européenne et de tous les partenaires au développement est nécessaire aux efforts que les pays africains déploient individuellement ou collectivement, dans le cadre de la Commission de l'Union africaine, du NEPAD, des Communautés économiques régionales et de la Banque Africaine de Développement dont il convient de saluer le rôle de plus en plus actif au service du développement des infrastructures de l'Afrique.

Certes, le chemin à parcourir est encore long et les efforts à accomplir importants, les attentes des citoyens africains sont grandes et pressantes, mais les espoirs demeurent réels de mieux organiser notre action collective et mobiliser nos énergies pour une prise en charge de nos préoccupations. 

Je vous remercie.

 

 

 

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