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Communiqué du Conseil des ministres

 

 

M. Bouteflika préside le Conseil des ministres[Aps 1/9/08]  ALGER- Le Conseil des ministres a tenu dimanche une réunion sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika, président de la République, à l'issue de laquelle il a rendu public le communiqué suivant:
"Le Président de la République, son excellence Abdelaziz Bouteflika, a présidé, ce jour dimanche 29 chaâbane 1429, correspondant au 31 août 2008, une réunion du Conseil des ministres.

Avant d'aborder l'examen de son ordre du jour, le Conseil des ministres s'est recueilli à la mémoire des victimes des lâches attentats terroristes commis ces derniers jours, exprimant ses condoléances à leurs familles. Le Conseil des ministres a condamné avec force les auteurs de ces crimes terroristes qui se sont mis au ban de notre peuple.

Il a également salué l'abnégation des forces de sécurité dans la lutte pour éliminer les groupes terroristes, rendu hommage aux martyrs du devoir national et réaffirmé la détermination de l'Etat à utiliser toute la force de la loi pour assurer la sécurité des citoyens et des biens, jusqu'à la disparition totale du terrorisme unanimement rejeté par notre peuple.

Le Conseil des ministres a enfin réitéré son attachement à la poursuite de la mise oeuvre de la réconciliation nationale, choix souverain de la nation, destiné à panser ses profondes blessures, réconciliation nationale qui contribue également à l'accélération de la fin du fléau terroriste en Algérie.

1. Abordant l'examen de son ordre du jour, le Conseil des ministres a d'abord entendu et débattu une communication du ministre de la Justice, garde des sceaux sur l'état de mise en oeuvre de la réforme de la justice, initiée par le Président Bouteflika. Il ressort de cette communication les évolutions ci-après:

Premièrement: un important progrès dans la révision du dispositif législatif national pour:

·  Consolider le respect des droits de l'homme et mettre notre législation en adaptation avec les conventions internationales pertinentes dont notre pays est partie,

·  Renforcer le respect des droits et libertés des citoyens à travers le respect de la présomption d'innocence, la limitation du recours à la détention provisoire, ainsi que l'indemnisation de l'erreur judiciaire et de la détention provisoire abusive,

·  Accompagner l'évolution sociale du pays à travers la révision du code de la famille et des procédures liées à son application, l'amendement du code de la nationalité pour l'acquisition de la nationalité algérienne par filiation maternelle, et enfin la protection de la femme et de l'enfant,

·  Protéger la société contre certaines formes de criminalité tels que la corruption, la contrebande, les drogues et le blanchiment d'argent. Outre le renforcement des textes de lois y afférents, la détermination à lutter contre la criminalité s'est confirmée à travers la spécialisation de magistrats dans ce domaine, la création de pôles judiciaires à compétence étendue en matière pénale, dont quatre sont déjà opérationnels à Alger, Oran, Constantine et Ouargla, ainsi que la ratification de plus de 50 conventions bilatérales de coopération judiciaire contre le crime transnational,

·  Et enfin, adapter notre législation aux mutations économiques de notre pays ainsi qu'aux réalités découlant de l'ouverture de notre économie sur le monde.

Deuxièmement: le développement de l'appareil judiciaire par:

·  Une augmentation de près de 50% du nombre des magistrats en exercice soit un total proche de 3.600 (dont près de 37% de femmes) alors que 600 autres magistrats sont en formation, progression accompagnée avec l'amélioration du statut social du magistrat y compris en matière de logement,

·  Le renforcement des corporations des notaires et des huissiers de 1.000 éléments pour chacune, alors que celle des avocats a connu une importante évolution,

·  L'augmentation des effectifs du greffe ainsi que leur recyclage et formation,

·  La réception de 44 nouveaux sièges de cours et de tribunaux alors que 106 autres projets de juridictions nouvelles ou de modernisation de juridictions existantes sont programmées et souvent en cours de réalisation,

·  Une modernisation du traitement des dossiers et documents judiciaires par informatique (mandat d'arrêt, casier judiciaire, dossier judiciaire),

Toutes ces améliorations se sont répercutées sur les délais de traitement des affaires ramenés à 3 mois en matière pénale et à 6 mois en matière civile, la quasi suppression des retards antérieurs dans la notification des décisions de justice ainsi que l'amélioration du taux d'exécution des décisions de justice qui a atteint près de 87% en 2007.

Troisièmement: une mise à niveau de l'espace carcéral qui a enregistré:

·  D'importants progrès en matière de respect des droits des détenus grâce à la révision de la législation pertinente et aux inspections des magistrats chargés de l'application des peines,

·  L'amélioration des conditions y compris le renforcement des capacités d'accueil et la prise en charge médicale des détenus avec des mesures particulières pour les mineurs et les femmes enceintes.

La préparation active de la réinsertion sociale des détenus, à travers la formation générale ou professionnelle dispensée à plus de 80.000 détenus depuis 1999 et sanctionnée notamment par le succès de près de 1.300 détenus à des examens dont près de 800 au baccalauréat. Cet effort s'est accompagné d'une plus grande participation de la société civile à la réinsertion sociale des détenus avec un appui, à travers des programmes de formation, aux associations activant dans ce domaine.

2. Le Conseil des ministres a ensuite examiné et approuvé un projet de loi portant amendement du Code pénale.

Il est à rappeler que dans le cadre de la mise à jour des principaux codes en relations avec la réforme de la justice et les mutations que connaît le pays, le Code pénale a fait l'objet d'enrichissements successifs pour sanctionner des fléaux et crimes apparus ces dernières années. Parmi les amendements proposés aujourd'hui au Code pénale on relèvera notamment,

a. L'institution du travail d'intérêt général comme peine de substitution à celle de l'emprisonnement. Cette mesure applicable aux délinquants sans antécédents judiciaires et qui sont condamnés à de courtes peines d'emprisonnement, facilitera leur réinsertion une fois leur peine accomplie,

b. L'incrimination de la traite de personne fait passible de peines pouvant aller jusqu'à dix années d'emprisonnement applicables aux auteurs et aux complices de ce crime. Ces peines sont aggravées notamment lorsque la victime est en situation de vulnérabilité du fait de son âge ou d'une incapacité,

c. L'incrimination du trafic d'organes sur une personne vivante ou décédée, dont la sanction peut atteindre vingt ans de réclusion, notamment lorsque la victime est mineure ou handicapée, ou que ce crime est le fait de bandes organisées, ou enfin que la fonction de l'auteur aurait facilité le trafic d'organes,

d. L'incrimination de la sortie illégale du territoire national, passible d'une peine pouvant aller à six mois d'emprisonnement,

e. L'incrimination du trafic illicite des migrants qui sanctionne les personnes responsables de circuits de migrations illégales avec des peines pouvant aller jusqu'à dix années d'emprisonnement notamment lorsque les victimes sont des mineurs ou que les migrants sont soumis à un traitement inhumain ou dégradant. La peine est aggravée lorsque ce crime a été le fait d'une personne ayant une fonction qui a facilité cet acte ou qu'il ait été commis par un groupe organisé ou enfin avec port d'armes.

f.. L'incrimination de l'atteinte au patrimoine culturel protégé, passible d'une peine d'emprisonnement pouvant atteindre dix années, peine aggravée lorsque ce forfait aurait été facilité par la complicité d'un agent public, ou qu'il ait été le fait de bandes organisées ou commis avec port d'armes.

Intervenant à l'issue du débat sur la Réforme de la justice ainsi que sur le projet d'amendement du code pénal, le Président Abdelaziz Bouteflika a relevé que "la justice algérienne a enregistré des progrès indéniables qui doivent être poursuivis mais aussi soutenus grâce à l'implication de tous les acteurs publics et de la société".

"Notre peuple peut noter avec une légitime satisfaction que, en dépit du fait que notre pays se relève encore d'une douloureuse crise multiforme, l'Algérie a pu rattraper d'importants retards dans les domaines du droit de la justice, qu'il s'agisse des droits de la femme et de la famille dans le respect de nos valeurs spirituelles ou qu'il s'agisse du respect des droits de l'homme y compris en matière de garde à vue et de détention préventive. Notre législation a aussi été très largement adaptée aux règles de l'économie de marché, de la libre entreprise ainsi que de la protection des droits des consommateurs. Il en a été de même pour lutter contre des crimes auparavant étrangers à notre société", a ajouté le chef de l'Etat.

"Il reste que ces progrès appellent un surcroît d'efforts sur plusieurs fronts", a poursuivi le Président de la République. "Ainsi les responsables du secteur de la Justice doivent poursuivre sans relâche le renforcement du réseau des juridictions et son adaptation au futur découpage territorial. Ils doivent également poursuivre la formation et la spécialisation des magistrats et auxiliaires de justice de sorte que leurs effectifs répondent aux besoins d'une justice rendue dans la célérité et l'équité, et pour que leurs connaissances leur permettent la maîtrise des dossiers relatifs aux crimes, délits et contentieux nouveaux".

"De leur côté, les détenteurs de la puissance publique au niveau des administrations mais aussi des assemblées populaires communales doivent s'impliquer réellement pour le respect de la loi, en exerçant leurs attributions de contrôle, en saisissant les juridictions des délits constatés, et en y défendant les droits de l'Etat et de la collectivité", a poursuivi le chef de l'Etat.

"La société doit aussi se mobiliser car, la justice seule ne peut très souvent agir pour réprimer les crimes, délits et fraudes, en l'absence d'une partie civile qui la saisit et qui défend sa cause devant les tribunaux qu'il s'agisse des citoyens ou de leurs associations. Pour cela, nous devons tous rompre avec l'individualisme et avec le désintérêt envers les droits et les biens de la collectivité", a ajouté le Président Abdelaziz Bouteflika.

Enfin, le Président de la République, Président du Conseil supérieur de la magistrature a ordonné aux parquets généraux et parquets de la République de se mobiliser davantage pour combattre la corruption, les détournements, l'atteinte aux biens publics, le trafic de drogue et le rapt des personnes, demandant également à l'ensemble des magistrats de veiller à sanctionner ces crimes avec toute la vigueur de la loi.

3. Le Conseil des ministres a également examiné et adopté le projet de loi de finances pour l'année 2009.

Dans son volet budgétaire, ce texte se caractérise par ce qui suit:

a. Un cadrage effectué sur la base d'un baril de pétrole à 37 dollars, une croissance d'un niveau de 4,1% (6,6% hors des hydrocarbures), une inflation de 3,5 et enfin des importations à hauteur de 34 milliards de dollars,

b. Des recettes estimées à 2.786 milliards DA, dont 1.628 milliards DA de fiscalité pétrolière et 1.158 milliards DA de fiscalité ordinaire (en augmentation de 10% par rapport à l'année 2008),

c. Des dépenses budgétaires totalisant 5.191 milliards DA (en augmentation de 7% par rapport à 2008),

d. Un solde budgétaire en déficit nominal de plus de 2.400 milliards DA (20,5% du produit intérieur brut (PIB) et un solde global du Trésor en déficit nominal de plus de 1.600 milliards DA (près de 14% du produit intérieur brut (PIB), sachant que le Fonds de régulation des recettes qui dispose actuellement de plus de 4.000 milliards DA est, légalement, autorisé à financer le déficit budgétaire,

e. Un budget de fonctionnement de 2.594 milliards DA (en augmentation de 10% par rapport à l'année en cours), dans lequel on relèvera notamment:

·  Une masse salariale en évolution de 15%, qui atteindra 876 milliards DA en 2009, du fait du recrutement de plus de 60.000 fonctionnaires mais surtout de la mise en oeuvre du nouveau statut de la Fonction publique et des régimes indemnitaires devant découler des statuts particuliers des agents de l'Etat,

·  Des dépenses de fonctionnement de services en augmentation de 20% pour atteindre 153 milliards DA du fait de la prise en charge de toutes les nouvelles infrastructures administratives ou socio-éducatives réalisées,

·  D'importantes dotations pour le soutien des prix du blé, du lait et de l'eau dessalée au profit des citoyens,

·  A titre d'exemple, nous relèverons les crédits de fonctionnement alloués à certaines secteurs: 374 milliards DA pour l'Education nationale, 154 milliards DA pour l'Enseignement supérieur, 25 milliards DA pour la Formation professionnelle, 170 milliards DA pour la Santé, 210 milliards DA pour l'Agriculture, 368 milliards DA pour l'Intérieur et les Collectivités locales et 46 milliards DA pour la Justice.

f. Un budget d'équipement pour financer notamment la dernière tranche du programme quinquennal 2005-2009, et qui porte sur 2.631 milliards DA en "autorisations de programmes" et 2.598 milliards DA en "crédits de paiements". Parmi les composantes du budget d'équipement on notera:

·  706 milliards DA alloués aux infrastructures économiques et administratives,

·  394 milliards DA destinés à l'agriculture et à l'hydraulique,

·  234 milliards DA destinés à l'éducation et à la formation,

·  220 milliards DA de soutien pour l'accès à l'habitat

·  95 milliards DA pour les programmes communaux de développement.

Pour illustrer l'importance de l'effort actuel de l'Etat en matière de développement du pays, il suffit de rappeler que le budget d'équipement est passé de 263 milliards DA en 1998 à 669 milliards DA en 2003 pour atteindre 2.598 milliards DA en 2009, soit une multiplication par dix en une décennie.

Dans son volet législatif, le projet de loi de finances ne comporte aucune nouvelle taxe ou aggravation de taxe, et dispose notamment ce qui suit:

a. Des encouragements à l'investissement à travers:

·  La prorogation des périodes d'exonération d'impôt sur le revenu global (IRG) et d'impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) pour les opérations boursières,

·  Le soutien à la lutte contre le chômage à travers l'extension de l'exonération d'impôt sur le revenu global (IRG) aux bénéficiaires des micro-crédits d'investissements de l'Agence nationale de gestion des micro-crédits (ANGEM),

·  L'octroi du caractère de garantie de l'Etat aux garanties émises par la Caisse de garantie aux crédits d'investissements dans les petites et moyennes entreprises (PME), et cela dans le but de stimuler le développement des petites et moyennes entreprises,

b. Le renforcement des moyens de lutte contre la fraude fiscale, notamment à travers:

·  l'assimilation des bénéfices transférables vers l'extérieur par les succursales aux sociétés mères établies à l'étranger, à des dividendes imposées à 15%,

·  l'imposition spécifique des plus values de cession d'actions et de parts sociales par des non résidents,

·  la création d'un service des investigations fiscales chargé d'intervenir au niveau national contre les sources de fraude et d'évasion fiscale,

·  le paiement des impôts par des moyens autres que le cash au-delà d'un certain montant,

c. le renforcement des garanties au profit du contribuable, notamment à travers:

·  La limitation de la conduite des opérations de vérification aux agents ayant au moins le grade d'inspecteur des impôts,

·  L'institution de l'obligation de notification au contribuable, des rectifications définitives arrêtées par les services fiscaux suite à un contrôle,

·  L'extension de 2 à 4 mois de délais de saisine des commissions de recours, et le relèvement de seuils de compétence de différentes commissions locales, de wilayas et nationale,

Intervenant à l'occasion de l'examen de ce dossier, le Président Abdelaziz Bouteflika a déclaré ce qui suit:

"Le budget public a désormais atteint des montants très lourds par rapport aux moyens réels du pays. Ainsi, les dépenses retenues pour l'année 2009 représentent l'équivalent à 80 milliards de dollars, et le seul budget de fonctionnement équivalent à 40 milliards de dollars".

"Certes, le budget de l'année prochaine sera financé sans difficultés du fait des ressources disponibles au niveau du Fonds de régulation des recettes, d'autant que le remboursement de la dette extérieure pour lequel il a été institué est désormais quasiment parachevé. Mais cela ne doit pas faire illusion ni pour le gouvernement ni pour la population car les hydrocarbures ne sont pas inépuisables et leurs prix ne dépendent pas de notre pays".

"Tout cela interpelle la collectivité nationale et les pouvoirs publics, en premier lieu, pour augmenter la production de richesses autre que les hydrocarbures en encourageant l'investissement dans tous les secteurs productifs.

L'Algérie a besoin d'investissements productifs par les nationaux et par les étrangers. Certes, elle entend défendre ses droits comme les autres pays en matière d'investissements, tout comme elle entend mettre un terme aux comportements parasitaires et spéculateurs au détriment du Trésor public. Mais le gouvernement doit poursuivre la promotion de l'investissement fondé sur un partage équitable des avantages et des bénéfices entre l'investisseur national ou étranger et la collectivité nationale devant laquelle nous sommes comptables", a ajouté le Président de la République.

"La situation actuelle nous interpelle également pour freiner le gaspillage des ressources financières du pays. Les importations se sont dangereusement emballées et l'excès doit y être banni par des voies et procédures dans tous les pays. La dépense budgétaire doit également être rationalisée pour mettre un terme aux abus et aux programmations aléatoires. Je tiens à relever que les retards dans la réalisation des programmes d'investissements publics ont déjà coûté, au Trésor public, d'importantes réévaluations. Les ministres doivent donc assumer leurs responsabilités dans l'exécution correcte de leurs programmes sectoriels y compris en ce qui concerne le respect des délais".

"Nous devons enfin renforcer la lutte contre les différentes formes de fraudes fiscales, douanières, et autres, qui font perdre à l'Etat d'importantes recettes au bénéfice des milieux parasitaires pour ne pas dire maffieux. C'est pourquoi, l'ensemble des services de contrôle doivent se mobiliser davantage pour mener une lutte sans merci contre ces trafics et fraudes. Chaque autorité concernée par cette mission devra rendre des comptes", a poursuivi le chef de l'Etat.

Le Président Abdelaziz Bouteflika ajoute que "la rationalisation des dépenses publiques et la lutte contre le gaspillage ne signifient pas à mes yeux l'austérité ni dans la dépense de développement judicieusement engagée, ni encore moins au détriment de la population et notamment des travailleurs et des couches défavorisées.

"L'année dernière a enregistré l'entrée en vigueur de l'augmentation du salaire minimal garanti et d'importants relèvements de revenus des travailleurs du secteur économique, y compris au niveau des entreprises publiques déficitaires qui sont assistées par le budget de l'Etat, bien que cette situation ne saurait durer éternellement", a rappelé le Président de la République, qui ajoute que

"L'année en cours a vu les agents de l'Etat bénéficier des augmentations de salaires découlant du nouveau statut général de la Fonction publique, et ce processus se poursuivra l'année prochaine à travers la révision des régimes indemnitaires, une fois la totalité des statuts particuliers adoptés, comme le prévoit la loi et ses textes réglementaires d'application".

"Le citoyen en général n'a également pas été oublié comme en témoignent les subventions de l'Etat, aux prix des céréales, du lait et autres, qui représentent un facture annuelle de près de 200 milliards DA pour le budget. Les couches démunies sont aussi au centre de nos préoccupations comme en témoignent les différentes aides à la création d'emplois au bénéfice des chômeurs ainsi que l'augmentation de l'allocation forfaitaire de solidarité relevée l'été dernier, de 1.000 à 3.000 DA par mois", a ajouté le chef de l'Etat.

Le Président de la République a précisé: "Autant j'insiste auprès du gouvernement pour la rationalisation de la dépense publique et la lutte contre le gaspillage des deniers de l'Etat sous toutes les formes, autant j'insiste également pour que notre population, qui doit certes se mobiliser et se mettre davantage au travail, ne voit pas sa condition sociale se dégrader réellement, et pour que notre politique de solidarité soit toujours active, juste et efficace".

"Dans ce cadre j'invite le gouvernement à diligenter la mise en oeuvre de deux mesures votées dans la loi de finances de l'année dernière", a poursuivi le Président Abdelaziz Bouteflika. "Il s'agit d'abord de la prise en charge du transport du malade évacué pour des soins complémentaires, d'une structure de santé publique de l'une des wilayas du sud vers une structure publique de santé au nord du pays. C'est là un acte de justice et d'équité entre les citoyens auquel j'accorde de l'importance".

"La deuxième mesure concerne la mise en oeuvre de la bonification des taux d'intérêt des crédits bancaires à hauteur de 3%, au profit des fonctionnaires qui acquiert leur domicile principal. Là également c'est une mesure à même d'encourager les fonctionnaires à servir l'Etat, qui est de nature à dynamiser la promotion immobilière et qui contribuera enfin à résoudre le déficit de logements dans notre pays".

"J'invite également Monsieur le ministre chargé de la Sécurité sociale à autoriser la revalorisation annuelle des retraites des travailleurs salariés qui devait être mise en place depuis le 1er mai. La Caisse nationale des retraites a quelques difficultés d'équilibre financier mais cela ne peut justifier la non perception par les retraités salariés d'un droit que leur confère la loi", a précisé le chef de l'Etat.

En outre, le Président de la République, a chargé le gouvernement de prendre les dispositions appropriées pour la mise en oeuvre, à partir du 1er janvier prochain, de mesures de solidarité qu'il a décidé au bénéfice de retraités titulaires de pensions ou d'allocations modestes. Ces mesures consistent en ce qui suit:

Premièrement: une augmentation de 5% de l'aide publique aux pensions directes et pensions principales de réversion inférieures à 11.000 DA au profit des retraités salariés qui ont déjà bénéficié en juillet 2006 de premières mesures de solidarité.

Deuxièmement: une aide publique de 5% au pension directes de retraites et pensions principales de réversion inférieures à 11.000 DA au profit de retraités non salariés qui n'ont pas été concernés par les mesures prises en juillet 2006.

Troisièmement: l'instauration grâce à une aide publique d'un minimum de 3.500 DA mensuel pour toute allocation directe et allocation principale de réversion des retraités salariés et non salariés. Ce minimum est jusqu'à présent inférieur à 2.000 DA.

Le total des bénéficiaires de ces nouvelles mesures de solidarité édictées par le Président de la République est d'environ 1.050.000 titulaires de pension directes ou de réversion et d'allocations directes ou de réversion.

4. Le Conseil des ministres a en outre examiné et adopté un projet d'ordonnance fixant les conditions et modalités de concession des terrains relevant du domaine privé de l'Etat destinés à la réalisation de projets d'investissements. Cette législation se distingue notamment par les éléments suivants:

a. L'exclusivité du régime de la concession pour l'accès aux terrains relevant du domaine privé de l'Etat, à l'exception des terres agricoles, des terrains situés à l'intérieur des périmètres miniers ou ceux des périmètres de recherches et d'exploitation des hydrocarbures, de sites archéologiques ainsi que des terrains destinés à la promotion immobilière et foncière bénéficiant de l'aide de l'Etat,

b. Une période de concession favorable à l'investissement dont le minimum est 33 ans renouvelable alors que la durée maximale est 99 ans.

c. La fixation de critères définis par cahier de charges, lorsque le terrain est mis en concession par voie d'enchères publiques, en tenant compte de la nature et de la qualité des projets dont la réalisation est attendue et cela pour encourager les investisseurs réels et barrer la voie aux spéculateurs et aux capitaux parasitaires,

d. Enfin, la possibilité pour l'Etat d'octroyer une concession par la voie du gré à gré, y compris avec les abattements sur le prix domanial, lorsque le projet présente un caractère prioritaire et d'intérêt national ou qu'il participe à la satisfaction de la demande nationale de logements ou qu'il soit fortement créateur d'emplois ou valeur ajoutée, ou qu'il contribue enfin au développement de zones déshéritées ou enclavées. La concession par voie de gré à gré, y compris les abattements de prix pouvant l'accompagner, est attribuée par le Conseil des ministres, sur proposition du conseil national de l'investissement.

Commentant cette ordonnance le Président de la République a relevé qu'elle facilitera l'investissement tout en préservant les intérêts de l'Etat contre la spéculation. "L'investisseur sera ainsi encouragé par l'entrée en possession du terrain en versant uniquement le loyer annuel de la concession.

Pour sa part, l'Etat préservera ainsi la rente foncière nationale de pratiques parasitaires qui ont été malheureusement vérifiées", a précisé le président Abdelaziz Bouteflika.

En outre, le chef de l'Etat a ordonné au gouvernement et aux services concernés de l'Etat de veiller afin que tout terrain du domaine privé de l'Etat qui n'a pas encore fait légalement l'objet d'un acte domanial soit soumis au seul régime de la concession conformément à cette nouvelle législation.

Enfin, le Président de la République a instruit le gouvernement de fixer un délai au delà duquel les terrains cédés à des investisseurs sous l'empire de l'ancienne législation soient récupérés par l'Etat dans le cas où l'investissement programmé n'a pas été réalisé.

5. Par ailleurs, le Conseil des ministres a examiné et adopté un projet de loi relatif à la protection du consommateur et à la répression des fraudes.

Destiné à être substitué à l'actuelle loi datant de 1989 en matière de protection des consommateurs, ce texte vise notamment à:

·  Combler les vides juridiques apparus en la matière à la lumière des mutations économiques survenues dans notre pays.

·  Garantir le respect de la conformité des produits et services dans toutes les étapes de leur mise à la consommation, en renforçant les mesures de contrôle et de répression des fraudes,

·  Instaurer des mesures de protection de la santé et de la sécurité des consommateurs,

·  Encourager le mouvement associatif de protection des consommateurs, en appoint au rôle de pouvoir publics, en lui octroyant la qualité d'association d'utilité publique à même de bénéficier de l'assistance judiciaire.

Intervenant sur ce dossier, le Président Abdelaziz Bouteflika a rappelé au gouvernement que "la libéralisation des activités d'importations, de commerce de distribution ainsi que de production des biens de consommation n'est nullement synonyme de désengagement de l'Etat de ses responsabilités de régulation, de contrôle et le cas échéant de sanction des différentes formes de fraudes et d'atteinte aux intérêts des consommateurs. Bien au contraire, c'est aujourd'hui que l'Etat est davantage interpellé dans sa mission de défense du consommateur", a ajouté le chef de l'Etat.

"Certes, les citoyens doivent s'organiser en associations de consommateurs auxquelles l'Etat est disposé à apporter son plein soutien. Mais, les pouvoirs publics et au premier chef, les administrations chargées du contrôle commercial et de la qualité, ont pour devoir de se mobiliser et de veiller au respect des lois par chacun", a relevé le Président de la République.

Le chef de l'Etat a enfin saisi cette occasion pour inviter le gouvernement à mobiliser le contrôle commercial durant le mois sacré de Ramadhan pour préserver la santé et le pouvoir d'achat des citoyens et sanctionner toute forme de dépassement constaté.

6. Le conseil des ministres a en outre examiné et adopté un décret présidentiel portant approbation d'un avenant au contrat du 18 septembre 2006 pour la recherche et l'exploitation des hydrocarbures sur les périmètres "HAMRA", blocs "220 a" et "220 b", avenant conclu le 27 avril 2008 entre, d'une part, l'agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures et d'autres part les sociétés "SONATRACH" et "NUMHYD ARL".

7. Le conseil des ministres a entendu aussi une communication du ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger sur l'opération de solidarité nationale pour le mois sacré de Ramadhan 2008. Cette opération qui reflète les valeurs spirituelles de notre société et qui s'inscrit dans le cadre de la politique nationale de solidarité, mobilisera cette année un montant total de 3 milliards DA de crédits publics.

Intervenant sur ce point, le Président de la République a rappelé que cet effort spécial mobilisé durant chaque mois de Ramadhan n'est qu'une infime partie des ressources que le budget public engage annuellement au service de la solidarité nationale.

Le Président Abdelaziz Bouteflika a également invité le gouvernement à encourager les citoyens qui ont les moyens d'aider nos compatriotes démunis à prendre part à cet effort de solidarité dans un cadre transparent. Dans le même temps, le chef de l'Etat a instruit le gouvernement de veiller pour que l'aide publique aux familles et personnes démunies à l'occasion du mois de Ramadhan, se fasse dans la préservation de la dignité des bénéficiaires, insistant également pour que les autorités concernées sanctionnent avec la plus grande fermeté toute tentative de détournement des ressources publiques engagées dans le cadre de cette opération.

8. Le Conseil des ministres a enfin entendu une communication du ministre de la Formation et de l'Enseignement professionnels relative à un marché de gré à gré simple conclu avec l'entreprise publique "Algérie Télécom". Ce marché approuvé par le Conseil des ministres porte sur le renforcement du réseau Intranet du secteur de la formation et de l'enseignement professionnels par l'installation de 90 stations de liaison "VSAT" et sans fil.

A l'épuisement de l'ordre du jour du Conseil des ministres, le Président Abdelaziz Bouteflika a saisi cette opportunité pour adresser au peuple algérien ses meilleurs voeux de bonheur, santé et prospérité à l'occasion de l'avènement du mois sacré du Ramadhan, priant le Tout Puissant pour le bien-être de l'ensemble de la nation musulmane partout à travers le monde.

[Aps   1/9/08]

 

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