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COMMEMORATION DU 17 OCTOBRE 1961 A LA STELE DU SOUVENIR - VITRY-SUR-SEINE ------------- Allocution de
Monsieur NAIT TIGHILT Lyès Consul d’Algérie à Vitry-sur Seine
Le 17 octobre 2009 à 11h00 -------------
Monsieur le Maire de Vitry-sur-Seine Messieurs les Députés Maires Mesdames et Messieurs les Elus et membres de la municipalité de Vitry-sur Seine Mesdames et Messieurs les Représentants de la Société Civile Citoyens de Vitry-sur-Seine et Chers compatriotes Mesdames et Messieurs Chers amis
Permettez-moi, tout d’abord, à présenter au nom de tous mes concitoyens, mes remerciements les plus sincères à Monsieur Alain Audoubert, Maire de Vitry-sur-Seine et initiateur de cette commémoration, ainsi qu’à tous ceux qui ont contribué à son organisation. élus municipaux, fonctionnaires et associations.
Je tiens également à saisir cette occasion pour exprimer ma profonde reconnaissance à tous ceux qui nous font l’amitié de venir aujourd’hui marquer par leur présence, leur sympathie, leur amitié et leur fidélité à ce rassemblement ; ceux-là même qui ont su trouver leur chemin pour se ranger aux côtés des causes justes et en faveur du recouvrement de la dignité humaine.
Je n’omettrais pas, en outre, de dire ma gratitude à tous mes concitoyens en constatant la présence de la nouvelle génération avec nous aujourd’hui; une occasion pour cette génération de marquer son engagement à lutter contre l’oubli.
Le regard d’espoir tourné incontestablement vers l’avenir, cette génération tient à exprimer sa volonté d’apporter sa contribution, combien précieuse, en faveur de la consolidation des liens qui existent entre nos deux pays (la France, terre d’accueil et d’adoption et l’Algérie millénaire, terre des origines et des racines).
Cette génération n’a-t-elle pas, d’ailleurs, puisé ces liens dans les valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité et de Fraternité loin de tous préjugés et autres appréhensions ?
Je voudrais aussi dire le plaisir et l’émotion que je ressens à me retrouver parmi vous pour la deuxième année consécutive, à cet endroit précis devenu « lieu symbole »
Mesdames et Messieurs
En érigeant cette stèle, vous avez Monsieur le Maire non seulement favorisé l’élan du cœur mais bien plus encore, le devoir qu’impose la conscience morale.
Cette « Stèle symbole » qui est, à juste titre, la « Stèle du souvenir », se veut d’ores et déjà, l’expression indéniable de votre attachement profond aux valeurs intrinsèques qui constituent les fondements mêmes de la République : Liberté, Egalité et Fraternité. Trois mots magiques qui ont séduit toute une génération d’Algériennes et d’Algériens qui, en répondant à l’appel du 17 octobre 1961 étaient loin d’imaginer l’ampleur de la tragédie qui les attendait.
Je ne peux, à ce titre, que me réjouir de constater que cette initiative, s’inscrivant dans l’esprit de la fraternité et de la solidarité, soit consacrée en tradition entre nos deux institutions ; une autre manière de militer en faveur de la reconnaissance, l’apaisement et la construction d’un avenir prometteur.
Je dis bien d’un avenir prometteur où le respect mutuel demeure un pilier fondamental sur lequel se fondent les relations entre nos deux peuples et nos deux pays.
Tous ceux qui m’ont précédé ont relaté d’une manière ou d’une autre, les atrocités commises sur des milliers d’algériens sortis le 17 octobre 1961, pour manifester pacifiquement en faveur de la cause juste de leur pays, convaincus de pouvoir faire valoir les principes et les valeurs qui fondent un pays comme la France.
Aussi, m’abstiendrai-je de relater les faits innommables dont la douleur et les stigmates, pour bon nombres de nos ainés, ne s’ont pas encore totalement effacés. C’est pourquoi, je souhaite que mes propos soient un message porteur d’optimisme qui rencontrera les attentes et les aspirations de nos jeunes concitoyens.
Aujourd’hui, nous célébrons ensemble, dans le recueillement et nos cœurs pleins d’émotions, le 48ème anniversaire de cette tragédie inoubliable à l’issue de laquelle le peuple algérien est sorti grandi et fier ; une véritable consécration de la volonté d’un peuple qui avait tout simplement décidé de prendre sa destinée en main en luttant pour recouvrer son indépendance et sa souveraineté.
Je ne peux donc évoquer ces événements douloureux sans grande émotion et humilité, et le devoir m’impose le recueillement à la mémoire de tous ceux qui sont tombés en martyrs pour avoir choisi la voie de la liberté et de la dignité.
Quarante huit ans se sont écoulés depuis ces événements tragiques et je me réjouis aujourd’hui de l’état d’esprit qui prévaut au sein de larges couches de nos deux peuples pour appeler à l’apaisement et à la magnanimité qui ne peuvent s’installer dans les cœurs que par la reconnaissance et le rétablissement d’une vérité historique.
Cette commémoration dans toute sa symbolique, matérialise assurément la volonté existante au niveau des deux rives de la Méditerranée, pour construire ensemble un avenir radieux , sans tension ni amertume pour nos futures générations ; un début de la restitution de tout un pan de l’histoire commune de nos deux peuples.
Mesdames et Messieurs,
Vous conviendrez certainement avec moi que de nature, l’esprit humain est enclin à être une proie à l’oubli, c’est pourquoi, nous avons le devoir de lutter ensemble contre cet oubli non seulement pour la préservation de notre histoire commune et la transmission de notre mémoire collective mais également pour éviter une réédition du passé tragique.
Je vous remercie pour votre aimable attention.
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